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Etant donné que l’organisation de l’UTMB n’a pas voulu me tirer au sort cette année pour faire le tour du Mont Blanc cet été, je me suis retourné vers une course que je connais déjà puisque je l’ai courue il y a 2 ans.

J’ai préparé cette course sérieusement pendant 2 mois ½ (environ 600 km et 16 000 de D+), afin de ne pas trop souffrir le jour de la course, mais des aléas peuvent toujours venir gâcher la fête (voir plus loin au 70km)

Cette fois – ci, je n’irai pas seul mais avec plus de 20 coureurs de mon club du Châtelet en brie (la team orange).

Nous sommes 6 inscrits sur l’Ultra (Malheureusement Christophe et Sebastien se blesseront lors de la préparation et ne pourront prendre le départ), le reste des coureurs et coureuses de la team orange est réparti sur des courses de 42 et 23 km.

Etant donné que l’organisation de l’UTMB n’a pas voulu me tirer au sort cette année pour faire le tour du Mont Blanc cet été, je me suis retourné vers une course que je connais déjà puisque je l’ai courue il y a 2 ans.

J’ai préparé cette course sérieusement pendant 2 mois ½ (environ 600 km et 16 000 de D+), afin de ne pas trop souffrir le jour de la course, mais des aléas peuvent toujours venir gâcher la fête (voir plus loin au 70km)

Cette fois – ci, je n’irai pas seul mais avec plus de 20 coureurs de mon club du Châtelet en brie (la team orange).

Nous sommes 6 inscrits sur l’Ultra (Malheureusement Christophe et Sebastien se blesseront lors de la préparation et ne pourront prendre le départ), le reste des coureurs et coureuses de la team orange est réparti sur des courses de 42 et 23 km.

UTPMA - 15 Juin 2019
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Nous arrivons tous sur Aurillac le Vendredi pour récupérer les dossards, faire monter la pression, échanger sur nos derniers préparatifs, tout le monde se pose beaucoup de questions (y compris moi d’ailleurs).

Après une pasta party avec une partie du groupe, je retourne dans ma chambre pour faire tomber la pression, dormir un peu, faire un peu de méditation et attendre l’heure sagement.

Ah oui je ne vous ai pas dit, le départ de l’ultra est à 0h01.

Nous savons que des orages sont prévus le lendemain, entraînant le risque d’être détourné du parcours prévu. Personnellement je préfère, car un orage en montagne peut être très dangereux, il ne faut pas oublier que nous sommes là pour prendre du plaisir, pas des risques inutiles.23h40, je rentre dans le SAS de départ, déjà beaucoup de coureurs sont présents dans l’arène, j’arrive à me faufiler et remonter un peu sur la tête du sas. Je cherche partout mes 3 compagnons pour les 24 prochaines heures, mais je ne les retrouverai pas.

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23h55, un feu d’artifice est lancé à proximité du départ, ça explose de partout, dans le ciel mais aussi dans ma tête entre l’euphorie du moment, les souvenirs de mon boubou qui bastonne contre la maladie depuis 2 ans ½, une très mauvaise nouvelle qui frappe une coureuse de mon club. C’est ce que je viens chercher de l’émotion et comme d’habitude je suis servi.

Nous partons comme prévu à 0H01, je sais que ma petite femme me suis en live sur facebook (elle vient de m’envoyer un SMS), beaucoup de monde sur le 1er km, dans une ambiance de folie, je suis comme un fou en apesanteur, je voudrais que ce moment ne s’arrête jamais, beaucoup de joie chez les coureurs mais aussi dans le public.

Ça fait du bruit, beaucoup de bruit les Auvergnats la nuit, c’est génial tu es porté en pleine nuit vers les montagnes par des fous qui viennent comme moi chercher des sensations que je n’ai jamais trouvées ailleurs.

Nous sortons de la ville après 2 km pour rentrer en pleine nature, nous sommes maintenant sur un sentier en file indienne. Encore sous l’émotion du départ, je vole, j’ai pas mal, je suis heureux car je sais ce qui m’attend.

Nous traversons beaucoup de pâtures assez plates jusqu’au 1er ravitaillement (ravito) qui se situe au  16ème km, peu de monde s’y arrête, pourtant l’ambiance y est sympathique (2h05 277ème).

Je continue donc dans la nuit avec mes compagnons, nous sommes de plus en plus dans le brouillard, la vision est réduite à 5m maximum. Nous traversons maintenant une forêt de feuillus qui a formé un beau tapis rendant le sol très confortable mais camouffle les pierres. Au 20ème km, la cheville droite part sur le côté mais ne craque pas, une petite pointe apparait à chaque foulée mais ça va. Concentre-toi Hervé ! Attention aussi de ne pas buter sur une vache couchée en plein milieu du chemin.

C’est par une répétition de plus ou moins grosses bosses que nous arrivons au ravito du col du pertus 36km à 1 307m d’altitude il est 5h08, le brouillard est toujours aussi dense, je suis pointé 164ème j’ai gagné plus de 100 places. En fait je me suis mis à mon rythme. Tout va bien pour l’instant sauf ma cheville qui couine un peu.

Un couple joue de la musique et chante, pas mal de monde debout quand même pour cette heure tardive, ce ravito est comme une oasis au milieu de la montagne, les gens dansent, ils sont heureux, ont de grands sourires, s’amusent avec nous, nous transmettent leurs joies, alors que nous commençons à être fatigués.

Et oui à 5h du matin normalement je dors depuis au moins 6h, donc les bâillements commencent, je sens que je ne dois pas traîner pour 2 raisons, la 1ère me réveiller et la 2nd voir le levé du jour en haut du plomb du cantal. Nous entamons une longue descente dans la vallée par des chemins de 4x4 en passant au pied du puy Griou (magnifique tas de pierres de plusieurs centaines de mètres), j’ai un peu accéléré et sur les nombreuses pierres je me retords la même cheville mais cette fois-ci dans l’autre sens, séance d’ostéopathie gratuite je ne sens plus du tout de douleur (bizarre).

La fatigue commence à me donner des visions comme des cailloux que tu vois bouger et que tu prends pour une tortue ou des herbes qui se balancent comme des renards qui fuient.

Une fois arrivés en bas de la vallée nous allons attaquer une remontée lente et longue de 800m de D+ vers le plomb du cantal à 1855m.

Au pied de la montée, je retrouve Edouard qui assit sur un abreuvoir à vache se crème les pieds pour éviter d’attraper des ampoules. Nous finirons les 70km restant ensembles.

Je me rappelle bien de ce passage, il est agréable, le jour se lève, la nature se réveille, nous commençons à apercevoir les fleurs dans les pâtures elles sont violettes et jaunes. Certes le ciel est un peu nuageux au-dessus de nous mais ce qui nous attend est motivant, la vue d’en haut peut être magnifique.

La montée est brutale, chacun se concentre sur son effort et sa respiration, personne ne parle, il n’y a pas de bruit sauf le souffle des coureurs qui peinent un peu. Je m’aide au maximum de mes bâtons afin de garder de l’énergie du bas de mon corps.

Aux environs de 7h30 je reçois un appel de mon fiston, qui vient aux nouvelles et m’encourage. Cet appel sera bref mais me donnera une grosse bouffée d’énergie positive.

Pas après pas, nous atteignons l’Arpon du diable, le puy Brunet, puis voilà le Plomb du Cantal que nous passons avec un beau soleil au-dessus des nuages. Je fais une pause courte et j’admire ce beau paysage, que c’est beau !!    

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Je bascule maintenant de l’autre côté pour attaquer une descente de 600 de D- vers le Lioran (station de ski). Attention à ce type de descente qui peut entamer les fibres musculaires pour le reste de la course. J’arrive à la base de vie aux environs de 8h, je suis serein et encore bien en forme physiquement malgré les 51km que je viens de réaliser.

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Je récupère mon sac que j’avais déposé au départ de la course et me change de la tête aux pieds, je me crème les pieds et l’entrejambe (oui ça fume un peu), mange une purée faite la veille de la course (patate douce, curcuma, huile d’olive), c’est une tuerie.

L’organisation nous annonce que nous n’allons pas passer sur les crêtes qui mènent au puy Mary, les orages arrivent. Les coureurs ronchonnent un peu, pour moi c’est un petit coup au moral car ce passage est magnifique, tant pis la sécurité avant tout.

J’échange avec Edouard qui est en pleine forme (normal vu son âge je pourrai être son père) et décide de partir avant lui car nos rythmes ne sont pas tout à fait les mêmes. Je fais 300m, mince j’ai oublié mon casque dans le sac si je n’ai pas de musique à certains moments je risque de mal le vivre, je le récupère et file comme un cabri sur la 2nd partie de course.

Le temps de cette pause (environ 30mn) le ciel s’est assombri méchamment, effectivement l’orage arrive à grands pas malgré le soleil pour l’instant, nous attaquons des pistes de ski (moches par rapport aux crêtes), lorsque l’orage éclate dans le haut des montagnes. La pluie commence à tomber un peu puis très forte pendant 2 heures. Notre matériel efficace nous permet de rester au sec, mais l’humidité s’installe quand même à l’intérieur. Nous allons repasser par le fameux puy Griou dont les chemins se sont transformés en mini torrent.

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Les conditions deviennent difficiles nous devons rentrer dans notre bulle, débrancher le cerveau, se mettre de la bonne musique et ne pas échanger négativement mais positiver en permanence.

Nous avons mis avec Edouard plus de 3h (il est 11h26) pour faire 17km et 800de D+ (68km depuis le départ) lorsque nous arrivons à Benech , il fait beau nous sommes secs maintenant, c’est un ravitaillement organisé au dernier moment suite au détour imposé par les orages, les bénévoles nous proposent de la soupe dans des cocottes minute alignées sur un mur de pierre ou du coca auvergnat. Quel réconfort ces bénévoles bien sympathiques. Je n’arrive plus à m’alimenter en prenant du plaisir, je mange donc très peu et nous repartons.

La suite se complique sur un tronçon de 5.4km pour arriver à Mandaille, chaque aliment solide ou liquide repart immédiatement, je commence à avoir les jambes molles, le moral faibli pourtant le terrain n’est pas vraiment compliqué, le temps est beau ce qui nous permet d’admirer la montagne ensoleillée.

Lorsque j’arrive à Mandailles, je ne suis pas épuisé musculairement mais je sens une mollesse dans l’ensemble de mon corps que je n’ai jamais ressentie en course, mes jambes ont du mal à me porter, il faut que je trouve une solution. Je décide d’appeler mon boubou pour prendre du recul et entendre une voix positive mais je m’effondre en larmes en plein milieu du ravito, elle me calme immédiatement, me recadre. Elle m’apprendra qu’Hervé a mis le clignotant dans la nuit et que Franck continu la course à son rythme.

Très rapidement je prends une décision, je n’arrêterai pas ici, j’ai tout mon temps et décide de refaire un essai. Des cacahuètes et pistaches stockées dans mon sac, puis du cantal, du jambon, du pain mais en prenant mon temps, j’arrête l’eau gazeuse. Après 15mn il est l’heure de repartir, Edouard s’est fait strapper pendant ce temps. La montée de Cabrespine nous attend avec ses 700 de D+ allons y je verrai bien.

Dès le bas de la montée je sens que ça va mieux malgré encore quelques nausées, j’ai rechargé les batteries et nous faisons une ascension de malade sous un second orage qui va encore durer deux heures. Il pourrait nous mettre un coup au moral, mais le pire est derrière nous. Dans ce tronçon nous allons prendre 20 places au classement. Lors de la descente nous allons rencontrer une coureuse de Saint Nazaire avec qui nous finirons la course. Cette descente de 10km est très périlleuse et très boueuse, nous traversons les gorges de la Jordanne (endroit magnifique aménagé de passerelle) pour arriver jusqu’au petit village de Lascelles (90ème km) ou j’arrive 142ème après 15h52 de course.  

Nous décidons de ne pas y rester longtemps, les jambes ne doivent pas refroidir ils nous restent un peu plus de 20km, même dans la difficulté je sais que je finirai la course. Le soleil est revenu nous longeons maintenant tous les 3 la vallée pour nous rendre 12km plus loin à St Simon. Certes c’est de plus en plus dur mais nous nous encourageons.

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Nous avions espéré avec Edouard voir au dernier ravito de Saint Simon nos amis coureurs du club (la team orange) pour nous encourager, mais personne. Je m’assois sur un banc pour manger un 

morceau, si je m’allonge à ce moment je m’endors immédiatement. Nous restons 5 minutes maximum à échanger avec les bénévoles toujours aussi sympas et décidons de repartir. C’est à ce moment-là que nous voyons arriver une dizaine d’amis en courant pour nous encourager, je vous passe les détails, mais c’est un moment que nous n’oublierons jamais. J’ai même cru qu’Hervé (l’autre Hervé) allait finir la course en jean avec nous. Merci à eux, car maintenant nous sommes remontés comme des coucous pour les 9km restants.

Le dernier tronçon  nous oblige à prendre une dernière montée (qu’elle est dure), à trois nous nous boostons jusqu’à la fin, le décor n’est pas des plus beau mis à part un magnifique champ de fleurs.

Il reste 3 km sur du goudron nous apercevons Aurillac au loin, une descente vers la ville et nous voilà en train de faire la dernière ligne droite.

Des encouragements viennent des terrasses de cafés, nous volons vers l’arrivée, Colette me tend des ballons oranges pour passer la ligne d’arrivée.

Voilà c’est fini dans l’euphorie comme d’habitude, quelle satisfaction d’avoir parcouru ces 113 km (au lieu de 105km à la base) dans le cantal.

Nous terminons 155 et 156ème avec Edouard en 19h27, la coureuse qui nous accompagne depuis environ 25km termine 154ème (6ème féminine et 4ème de sa catégorie). Franck arrivera au coucher du soleil après 22h23.

Je dédie cette course à mon boubou pour son combat permanent mais aussi à une collègue du club qui est dans une passe très difficile en ce moment.

Je remercie mon boubou, mes enfants, mes amis et mon club pour tous les encouragements.

Un grand merci à l’organisation mais surtout à tous les bénévoles qui ont été parfaits sur toute la course.

Maintenant rendez-vous en septembre pour l’infernal trail 120 et en décembre pour l’inscription sur l’UTMB 2020.

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Ravito de Saint Simon

L’orage arrive

Crêtes sur lesquelles nous venons de passer

(Plomb du CANTAL au-dessus des nuages)

Cairn en haut du Puy Brunet

Montée de l’Arpon du diable

Dans le sas de départ pendant le feu d’artifice

Mes collègues du club de chatelet en brie (La Team orange)

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La TEAM ORANGE DE l'UTPMA

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