gallery/les-coureurs-ont-du-affronter-la-pluie-le-vent-et-le-froid-les-blousons-a-capuche-ont-ete-bien-utiles

Voici mon récit de la TDS, car je voulais garder un

écrit de cette course mythique, pour mes vieux jours

 Après 2 mois de préparation à manger des féculents  et parcourir 18 000m de D+ en 600 km (3 à 4 sorties par semaine) je vais me lancer sur la TDS le 29/08/2018 pour 123 km et 7 000 de D+ mon deuxième ultra trail après l’UTPMA l’année dernière.

Je voulais avant tout remercier ma petite femme et mes enfants de m’avoir laissé du temps pour préparer cette course mais aussi pour tous les encouragements qu’ils m’ont adressés, ainsi que  l’ensemble de ma famille, mes amis, mes collègues, sans oublié les coureurs de mon club l’Union Sportive du CHATELET EN BRIE.

Un grand merci à tous les bénévoles et secouristes sans qui la course n’existerait pas.

J-1 de la courseArrivée à Chamonix la veille vers 17h avec mes 2 compagnons de route « blablacar normands » Cedric qui court également la TDS et Anthony l’OCC nous allons retirer nos dossards.

RECIT D'UNE TDS - 29 Aout 2018
gallery/hervetds1

Dans ce gymnase vous êtes dans l’ambiance immédiatement, étant donné que 70 nationalités sont représentées je vous laisse deviner le brouhaha multilangue qui résonne.

Après multiples files d’attente et contrôles de l’ensemble du matériel obligatoire, je récupère le graal (mon dossard). C’est le numéro 6883, Anne Laure me dira que le 8 est porte bonheur mais ça reste à valider.

Je rentre ensuite m’isoler dans mon appartement et surtout préparer mes 3 sacs :

-    Le premier étant mon sac à dos de 3.5kg avec matos obligatoire qui fera les 123 km avec moi

-    Le second je le dépose au départ et il m’attendra au ravitaillement du Cormet de roselend au  70ème Km

-   Le troisième sera aussi déposé au départ et je le récupèrerai à Chamonix à l’arrivée pour la douche et le change.

Aux environs de 19h nous sommes alertés par la direction de course que le parcours va être légèrement modifié et que le départ est décalé à 8h au lieu de 6h à cause des intempéries (orages) attendus.

Chouette 2h de sommeil en plus, heureusement car je vais dormir que 5h.

J de la course

Le réveil sonne à 5h, un bon petit déjeuner, un grand bol de pâtes et je pars récupérer la navette pour l’Italie.

A 7h, nous voilà arrivés à Courmayeur, les 2 sacs sont déposés et je me retrouve assis à 7h30 dans le sas de départ à 20m de l’arche, avec d’autres compagnons qui sont comme moi impatients de partir.

gallery/hervetds2

Dans ce gymnase vous êtes dans l’ambiance immédiatement, étant donné que 70 nationalités sont représentées je vous laisse deviner le brouhaha multilangue qui résonne.

Après multiples files d’attente et contrôles de l’ensemble du matériel obligatoire, je récupère le graal (mon dossard). C’est le numéro 6883, Anne Laure me dira que le 8 est porte bonheur mais ça reste à valider.

Je rentre ensuite m’isoler dans mon appartement et surtout préparer mes 3 sacs :

-    Le premier étant mon sac à dos de 3.5kg avec matos obligatoire qui fera les 123 km avec moi

-    Le second je le dépose au départ et il m’attendra au ravitaillement du Cormet de roselend au  70ème Km

-   Le troisième sera aussi déposé au départ et je le récupèrerai à Chamonix à l’arrivée pour la douche et le change.

Aux environs de 19h nous sommes alertés par la direction de course que le parcours va être légèrement modifié et que le départ est décalé à 8h au lieu de 6h à cause des intempéries (orages) attendus.

Chouette 2h de sommeil en plus, heureusement car je vais dormir que 5h.

J de la course

Le réveil sonne à 5h, un bon petit déjeuner, un grand bol de pâtes et je pars récupérer la navette pour l’Italie.

A 7h, nous voilà arrivés à Courmayeur, les 2 sacs sont déposés et je me retrouve assis à 7h30 dans le sas de départ à 20m de l’arche, avec d’autres compagnons qui sont comme moi impatients de partir.

gallery/40371537_731239647224296_1931119830035857408_n

Je me sens bien, il fait très beau et les paysages sont grandioses, ceci me porte à réaliser une belle montée et arrive au 2nd pointage à l’arête du mont favre en 258ème position avec 30mn d’avance sur mes estimations. En fait je me suis gentiment mis dans le rouge comme d’habitude en début de course.

gallery/hervetds3

Je décide alors de lever le pied et laisse passer pas mal de coureurs pour d’une part reprendre mon rythme et d’autre part profiter de ces beaux paysages que j’ai sous les yeux.

A l’arrivée au lac Combal je suis passé 309ème, les vues sont toujours aussi magnifiques, puis arrive la montée vers le col Chavannes (2593m d’alt) qui va être pour moi le début d’une galère qui va durer 30km jusqu’à bourg saint maurice entre maux de tête, jambes molles, tête qui tourne c’est la fête.

gallery/hervetds4

J’arrive en haut du col Chavannes à moitié cuit, mais je repars immédiatement dans la descente. Nous nous dirigeons ensuite vers le col du Petit Saint Bernard (2475m d’alt), le ciel s’assombrit, le vent se lève et d’un seul coup nous prenons la grêle puis un peu de neige, j’enfile ma veste étanche, ce qui me permet d’arriver à peu près sec au col à 13h36. Par contre la température est de 2°, je reste 5mn pour mettre le bas de pantalon étanche et j’attaque la descente de 15km vers Bourg Saint Maurice. Plus nous descendons plus le temps redevient beau, la température monte doucement (jusqu’à 27°), j’ai trop chaud mais je n’ai pas envie de  m’arrêter, ce qui est une erreur car je suis encore en train de puiser dans mes réserves.

Au Cormet de Roselend nous avons passé la mi-course, nous attend le sac donné au départ, je m’en empare et me change des pieds à la tête (slip et chaussures compris).

Je prends mon temps mange beaucoup de cacahuètes, des pâtes, de la pastèque, de la banane et  bois pas mal de coca. Je repars pour la nuit après 40mn il est 20h40 j’ai réalisé 70km et 4100 de D+, je suis sec, j’ai bien mangé, je me mets les red hot dans les oreilles, ma frontale est bien vissée sur la tête, je sais à ce moment-là que j’irai au bout car j’ai des jambes de feux.

gallery/hervetds5

Une pensée à ma petite famille qui doit terminer le diner me fait pleurer. Que je suis bien à ce moment-là.

J’aime courir la nuit, je vais gagner 60 positions jusqu’au Col du Joly,  pourtant les chemins que ce soit en montée ou descente sont très techniques, caillouteux, glissants. J’y arrive à 1h du matin plutôt en forme après 90km et 5350 de D+.

Pendant ma pose de 30mn une pluie forte se met à tomber, mais je me décide quand même à repartir car j’ai les jambes qui commencent à durcir en refroidissant et nous attend une descente de 10 km pour arriver aux Contamines Montjoie.

J’ai à peine fait 100m que je chute lourdement en arrière et casse mes 2 bâtons, heureusement pas de bobos mais ça risque de compliquer ma fin de course. Une coureuse qui m’a vu tomber vient aux nouvelles puis repart comme une flèche, je décide afin d’écarter la peur d’une nouvelle chute de la suivre, ça va être une descente de folie à 8km/h sur des monotraces hyper glissante. 8km/h semble peu, mais je vous assure que le terrain était vraiment pas facile et très pentu.

J’arrive comme une balle aux Contamines après 100km à 3h, la forme est présente mais je commence à avoir un peu froid, je décide de mettre mon dernier maillot sec que j’avais dans le sac, mange encore beaucoup mais rien de chaud, puis je me colle dans un coin à côté d’un souffleur d’air chaud. A côté de moi un médecin est en train de poser 5 fils au front d’un gars qui a fait la bise à un arbre dans la descente (quand je vous dis que ça glissais). Je me renseigne auprès de 2 jeunes bénévoles qui sont super sympas sur la prochaine montée. Bon j’avoue ils m’ont un peu fait peur mais ils ont été réalistes.

Le Col du Tricot me tend les bras, pour y arriver il faut déjà passer par une côte qui avoisine les 30% puis vous arrivez au pied du col du Tricot (560m en moins de 2km) et là tu te dis sans les bâtons je vais prendre cher, car c’est un mur qui se dresse devant moi avec une farandole de frontale zigzagante dans la pente et un phare en haut qui ressemble à une lampe de poche. Heureusement l’entraide est un point fort dans les ultras et en échangeant avec un coureur du cru, il me dit « ok tu n’as plus de bâton, mais tu as des jambes, alors tu me suis. Je suis un vrai tracteur, il te suffit de regarder le sol et de poser tes pieds au même endroit que les miens ». Une heure après je le serrais dans mes bras en haut du col en ne sachant pas comment le remercier, nous savons tous les 2 que nous allons terminer la course. La descente vers les Houches se fera tranquilou avec lui en parlant et surtout en échangeant plein d’astuces et de souvenirs. Un vrai bon moment.

Nous arriverons aux Houches ensemble à 7h14 du matin en 333ème position, je reste 2 mn au ravito, mais lui préfère savourer ce moment, alors comme j’ai encore de bonnes jambes et que j’ai envie d’en finir je rattrape 2 autres coureurs et termine les 8km qui restent avec eux.

Je passe la ligne avec mes 2 comparses du moment  après 24h21 de course en 331ème position 19ème V2 alors que j’étais 450ème au début de la nuit (1799 partants 470 abandons). Nous avons traversé les rues de Chamonix à 8h donc autant vous dire que nous sommes loin, très loin des arrivées en pleine journée avec des milliers de personnes qui vous acclament, mais moi je m’en fiche je suis FINISHER de la TDS.

Un rêve vient de se réaliser

J’arrive à Bourg Saint Maurice complètement épuisé alors que j’ai réalisé que 51km et 2500 de D+. En arrivant au ravito, j’appelle mon boubou qui aura les bons mots pour me remotiver en parallèle je prends le temps de bien me ravitailler (sucré et salé), je fais une séance de respiration appuyé la tête dans mon sac et me force à rigoler avec les bénévoles pour repositiver le moment. Je repars après 35mn en trottinant en sachant très bien que le prochain ravitaillement sera 20km plus loin après 1600 de D+ et 4h de course.

Ce tronçon devait être le plus difficile par son dénivelé il ne le sera pas, le pire est derrière moi. Par contre nous allons avoir un passage de 9km sur la route qui sera fort désagréable avant d’arriver au Cormet de Roselend. La direction de course aurait pu faire l’effort de nous faire passer sur des chemins. Les 4h de montées se sont plutôt bien passées et j’arrive à 20h en 449ème position sous un orage d’une puissance que seule la montagne est capable de produire.

gallery/hervetds6

7h55, l’ambiance est montée d’un cran, le sas est maintenant complet, la pression monte (juste ce qu’il faut pour moi grâce aux conseils de méditation de ma petite femme basés sur le souffle), l’hélicoptère nous survole, le speaker hurle en italien dans le micro, le volume de la musique  augmente, j’ai la chair de poule, je me cache derrière mes lunettes de soleil pour verser une larme mais je ne suis pas le seul et c’est le départ les fauves sont lâchés.

Les 2 premiers km sont rapides sur le bitume et en descente, puis nous arrivons au pied du premier chemin qui nous mènera au col de Chercrouit.

Pour terminer en vrac,

Je vous parle beaucoup de nourriture et de change, mais ça reste la base après le corps et le mental.

Ne pas hésiter à perdre 3mn à s’habiller ou se déshabiller

Changer la batterie de sa frontale dans un ravito au bout de 4h, plutôt que d’attendre qu’elle s’éteigne au milieu de rien.

Si vous partez trop vite, vous grillez des forces qui vous manqueront plus tard. C’est très compliqué de remettre le moteur en marche (je sais de quoi je parle).

J’appréhendais une course trop bling bling, je me suis complètement trompé.

J’ai rencontré et échangé avec beaucoup de bénévoles tout le long de la course, ils sont tous aussi sympas et serviables, un grand merci à eux.

Je n’ai ressenti aucune douleur articulaire de toute la course seulement musculaire, je pense qu’avoir écarté les fractionnés à plat a permis de préserver  mes tendons.

Je valide j’aime courir la nuit.

L’appui des gens qui t’entourent est très important car lorsque tu es en course tu penses à eux.

Les petits tuyaux donnés par ma femme issus de ses séances de méditation m’ont bien aidé, je pense que je vais encore développer le concept.

Avoir toujours une paire de chaussette sèche dans son sac, ça limite les ampoules, c’est la seule chose qui m’a manqué sur mes 3 sacs.

Mon prochain objectif sera la Saintélyon 82km début décembre.

 

Hervé T