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HERVE T.

Dans ce gymnase vous êtes dans l’ambiance immédiatement, étant donné que 70 nationalités sont représentées je vous laisse deviner le brouhaha multilangue qui résonne.

Après multiples files d’attente et contrôles de l’ensemble du matériel obligatoire, je récupère le graal (mon dossard). C’est le numéro 6883, Anne Laure me dira que le 8 est porte bonheur mais ça reste à valider.

Je rentre ensuite m’isoler dans mon appartement et surtout préparer mes 3 sacs :

-    Le premier étant mon sac à dos de 3.5kg avec matos obligatoire qui fera les 123 km avec moi

-    Le second je le dépose au départ et il m’attendra au ravitaillement du Cormet de roselend au  70ème Km

-   Le troisième sera aussi déposé au départ et je le récupèrerai à Chamonix à l’arrivée pour la douche et le change.

Aux environs de 19h nous sommes alertés par la direction de course que le parcours va être légèrement modifié et que le départ est décalé à 8h au lieu de 6h à cause des intempéries (orages) attendus.

Chouette 2h de sommeil en plus, heureusement car je vais dormir que 5h.

J de la course

Le réveil sonne à 5h, un bon petit déjeuner, un grand bol de pâtes et je pars récupérer la navette pour l’Italie.

A 7h, nous voilà arrivés à Courmayeur, les 2 sacs sont déposés et je me retrouve assis à 7h30 dans le sas de départ à 20m de l’arche, avec d’autres compagnons qui sont comme moi impatients de partir.

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Au Cormet de Roselend nous avons passé la mi-course, nous attend le sac donné au départ, je m’en empare et me change des pieds à la tête (slip et chaussures compris).

Je prends mon temps mange beaucoup de cacahuètes, des pâtes, de la pastèque, de la banane et  bois pas mal de coca. Je repars pour la nuit après 40mn il est 20h40 j’ai réalisé 70km et 4100 de D+, je suis sec, j’ai bien mangé, je me mets les red hot dans les oreilles, ma frontale est bien vissée sur la tête, je sais à ce moment-là que j’irai au bout car j’ai des jambes de feux.

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J’arrive à Bourg Saint Maurice complètement épuisé alors que j’ai réalisé que 51km et 2500 de D+. En arrivant au ravito, j’appelle mon boubou qui aura les bons mots pour me remotiver en parallèle je prends le temps de bien me ravitailler (sucré et salé), je fais une séance de respiration appuyé la tête dans mon sac et me force à rigoler avec les bénévoles pour repositiver le moment. Je repars après 35mn en trottinant en sachant très bien que le prochain ravitaillement sera 20km plus loin après 1600 de D+ et 4h de course.

Ce tronçon devait être le plus difficile par son dénivelé il ne le sera pas, le pire est derrière moi. Par contre nous allons avoir un passage de 9km sur la route qui sera fort désagréable avant d’arriver au Cormet de Roselend. La direction de course aurait pu faire l’effort de nous faire passer sur des chemins. Les 4h de montées se sont plutôt bien passées et j’arrive à 20h en 449ème position sous un orage d’une puissance que seule la montagne est capable de produire.

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7h55, l’ambiance est montée d’un cran, le sas est maintenant complet, la pression monte (juste ce qu’il faut pour moi grâce aux conseils de méditation de ma petite femme basés sur le souffle), l’hélicoptère nous survole, le speaker hurle en italien dans le micro, le volume de la musique  augmente, j’ai la chair de poule, je me cache derrière mes lunettes de soleil pour verser une larme mais je ne suis pas le seul et c’est le départ les fauves sont lâchés.

Les 2 premiers km sont rapides sur le bitume et en descente, puis nous arrivons au pied du premier chemin qui nous mènera au col de Chercrouit.

.Pour terminer en vrac,

Je vous parle beaucoup de nourriture et de change, mais ça reste la base après le corps et le mental.

Ne pas hésiter à perdre 3mn à s’habiller ou se déshabiller

Changer la batterie de sa frontale dans un ravito au bout de 4h, plutôt que d’attendre qu’elle s’éteigne au milieu de rien.

Si vous partez trop vite, vous grillez des forces qui vous manqueront plus tard. C’est très compliqué de remettre le moteur en marche (je sais de quoi je parle).

J’appréhendais une course trop bling bling, je me suis complètement trompé.

J’ai rencontré et échangé avec beaucoup de bénévoles tout le long de la course, ils sont tous aussi sympas et serviables, un grand merci à eux.

Je n’ai ressenti aucune douleur articulaire de toute la course seulement musculaire, je pense qu’avoir écarté les fractionnés à plat a permis de préserver  mes tendons.

Je valide j’aime courir la nuit.

L’appui des gens qui t’entourent est très important car lorsque tu es en course tu penses à eux.

Les petits tuyaux donnés par ma femme issus de ses séances de méditation m’ont bien aidé, je pense que je vais encore développer le concept.

Avoir toujours une paire de chaussette sèche dans son sac, ça limite les ampoules, c’est la seule chose qui m’a manqué sur mes 3 sacs.

Mon prochain objectif sera la Saintélyon 82km début décembre.

 

Hervé T.

GREG M.
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